Ces questions de fond que soulève le confinement

Le 26 Avril dernier, Claire Servajean s’entretenait avec le neuropsychiatre Boris Cyrulnik dans le cadre de son émission « Le téléphone sonne ». Cet échange a notamment été l’occasion pour le spécialiste français de la résilience d’évoquer la manière dont le confinement interroge nos sociétés modernes. Boris Cyrulnik nous a également fait part de ses hypothèses quant aux choix de vie qui vont se présenter à nous.

Prendre conscience de notre place dans la nature

L’homme, tout « moderne » qu’il soit, n’en reste pas moins une composante de ce grand ensemble qu’est la nature. À ce titre, nous sommes étroitement liés au devenir de notre environnement et nos modes de consommation portent en eux les germes de crises sanitaires potentielles. C’est ce que met en lumière le célèbre psychanalyste en nous renvoyant aux conséquences de nos modes de vie et de « l’hyper technologie ». Il nous rappelle ainsi que « la surpopulation dans les élevages [crée] les conditions de fabrication des virus » et que notre propension à privilégier l’aviation favorise la circulation rapide des maladies.

Il nous appartient donc à tous ainsi qu’aux scientifiques et aux politiciens de « tenir compte » des étroites interactions entre notre façon de consommer et ses répercutions sur la nature dont nous dépendons.

Quel monde voulons-nous après la crise du Coronavirus ?

La question mérite d’être posée.

À en croire l’analyse de Boris Cyrulnik, deux grands axes d’évolution se présentent à nous. Ainsi, le monde de l’après Covid-19 peut emprunter un chemin vertueux, ou alors s’engager dans une voie bien plus radicale.

Une nouvelle société tournée vers le « vivre ensemble » ?

C’est l’une des possibilités qu’évoque le neuropsychiatre. Il fait appel à notre capacité de solidarité qui, si elle reste un « sacré défi », est également une des composantes essentielles de la résilience au sein d’une communauté. Boris Cyrulnik dessine les contours d’une société solidaire qui apprendrait entre autres à redonner la parole à certaines catégories de personnes que l’on avait oubliées avant la crise : aides-soignantes, infirmières, facteurs, éboueurs, etc.

Le piège de la dictature

Boris Cyrulnik nous renvoie à un passé pas si lointain pour nous rendre attentifs aux dérives qui peuvent résulter d’une « catastrophe ». En faisant le parallèle avec la montée progressive de l’extrémisme dans l’Allemagne post Traité de Versailles, il illustre le fait qu’une société déstabilisée puisse devenir un terreau fertile pour une dictature. À en croire son point de vue, celle-ci pourrait prendre bien des formes : « politique, religieuse, financière ou liée à l’hyper-consommation ».

Alors que s’amorce le déconfinement, les propos de Boris Cyrulnik ont le mérite de nourrir nos réflexions individuelles. Gageons que celles-ci auront des conséquences favorables sur nos sociétés et sur l’inclusion de l’Homme dans la dynamique environnementale globale.

Retrouvez l’intégralité de l’intervention de Boris Cyrulnik sur le site de France Inter.

 

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