Focus sur l’entreprise libérée

Encore aujourd’hui, le management pyramidal (ou vertical) reste très répandu au sein des entreprises. Volontiers inspiré du fonctionnement strict de l’armée, cette manière de diriger repose sur une circulation descendante de l’information, depuis le sommet de la pyramide hiérarchique jusqu’à sa base. Concrètement, avec ce mode opératoire, la direction définit les objectifs de l’entreprise et diffuse ses consignes d’échelon en échelon selon les prérogatives et missions de chaque salarié.

Le management pyramidal : un modèle qui a fait son temps ?

Si ce système a fait ses preuves tout au long de plusieurs décennies, il n’est pas sans inconvénients. De fait, la remontée d’idées depuis la base de la pyramide vers le sommet est peu aisée pour ne pas dire impossible, freinant parfois la résolution de problématiques de terrain. De plus, manquant de souplesse, ce modèle est difficilement compatible avec les initiatives personnelles. Pire ; appliqué de manière trop rigide, il pourrait entraver l’épanouissement professionnel de certains salariés frustrés par un cadre trop restrictif. Se sentant alors cantonnés aux rôles d’exécutants, d’aucuns peinent à trouver du sens à leur métier. À terme, ce schéma est donc potentiellement générateur d’un véritable mal-être au sein d’une entreprise.

Une alternative au management vertical : l’entreprise libérée

La paternité de ce concept revient à Tom Peters. L’ayant abordé dès 1988 il en développera notamment les principes dans un ouvrage paru en 1993 (« L’entreprise libérée – Libération Management »). Des conférenciers tels que Isaac Getz, à qui l’on doit l’ouvrage « Liberté & Cie » ont ensuite contribué à démocratiser et étayer cette approche managériale novatrice.

En quoi consiste l’entreprise libérée ?

Exit la gestion pyramidale. L’entreprise libérée se fonde sur une structure plate dans laquelle les salariés s’auto-dirigent. On parlera là « d’holacratie » : une suppression des rapports « supérieur-subalterne », un nivellement horizontal de l’antique système hiérarchique. Il s’agira ainsi de permettre à chaque collaborateur de prendre des initiatives propres plutôt que de se contenter d’appliquer des consignes venant de la tête de l’entreprise. Cet axe repose notamment sur l’idée que c’est la personne en contact direct avec l’exécution d’une tache qui est la plus à même d’y apporter des modifications ou améliorations pertinentes. Il est donc question d’accorder davantage de confiance à chaque collaborateur et à ses compétences, en application de l’adage voulant que « celui qui fait, c’est celui qui sait ».

Corollaire à cette notion de confiance, l’autonomie de chaque membre est encouragée et renforcée. Évidemment, un encadrement hiérarchique existe toujours dans une entreprise libérée, ne serait-ce que pour formaliser le cadre dans lequel pourront s’épanouir les initiatives individuelles. On oublie toutefois l’idée de « hiérarchie contrôlante », trop susceptible de freiner les progrès. Au sein de l’entreprise libérée, les managers et dirigeants deviennent des « facilitateurs » : ils sont là pour accompagner leurs équipes dans la concrétisation de leurs idées.

Libération de l’entreprise : des effets positifs concrets

Si ce système de management séduit de nombreuses organisations, cela ne doit rien au hasard. Il est en effet indéniable que la mise en place de cette dynamique d’autonomisation mâtinée de confiance présente bien des avantages :

  • Des équipes plus performantes

Motivés, retrouvant du sens à leur travail les collaborateurs sont plus investis dans leurs missions respectives. Ils sont donc plus productifs.

  • Une meilleure cohésion d’équipe

Guidés par le principe de l’intelligence collective et du travail collaboratif, les salariés renforcent leurs liens et leur solidarité en vue d’un objectif commun. Cette saine émulation contribue à l’instauration d’une ambiance de travail positive.

  • Une meilleure faculté d’adaptation

N’étant plus corsetée dans un cadre strict, l’organisation de l’entreprise est par conséquent plus encline à s’adapter aux mutations de son secteur. Plus agile, elle se réinvente plus aisément en fonction des impératifs qui sous-tendent son marché.

  • Une plus grande capacité d’innovation

Chaque collaborateur est susceptible de suggérer et de mettre en œuvre des process innovants dans le cadre de ses missions, démultipliant ainsi le potentiel d’évolution de la structure. Dans l’entreprise libérée, la créativité des équipes est un réel facteur de progrès.

  • Une flexibilité adaptée à certains salariés

Qui dit « autonomie » dit aussi « gestion individuelle de son temps ». Certaines entreprises libérées laissent à leurs équipes le soin d’organiser elles-mêmes leur temps de travail. Aussi, un salarié peut adapter son planning en fonction de ses priorités. Gérant mieux l’équilibre vie privée / vie professionnelle, le collaborateur s’épanouit davantage dans son travail.

Des équipes plus investies, des innovations pertinentes, une productivité boostée… À terme, l’entreprise libérée est plus performante et peut offrir un cadre propice à l’épanouissement professionnel.

des salariés d'entreprise libérée heureux

L’entreprise libérée : pas toujours la panacée

Ne nous leurrons pas : aucun modèle managérial ne saurait s’ériger en solution miracle à toutes les problématiques que rencontre une organisation. L’entreprise libérée n’échappe pas à cette règle. On peut donc reprocher à ce système divers inconvénients.

  • Une transition difficile

Comme évoqué en préambule, le modèle pyramidal est encore très répandu de nos jours, notamment en France. Il influence encore fortement les repères de bon nombre de salariés. Aussi, du dirigeant jusqu’au personnel de terrain, il est parfois complexe de briser le moule dans lequel on a fondu son parcours professionnel pour réapprendre une nouvelle organisation. Une telle démarche doit être pensée, préparée, accompagnée.

  • Un déséquilibre des forces

Nous ne sommes pas tous égaux face à l’autonomie et à l’affirmation de soi. Certains salariés sont très à l’aise dans les dynamiques collectives, parvenant facilement à fédérer autour de leur point de vue ou de leurs méthodes. Ceux-là pourront potentiellement prendre le dessus sur d’autres collaborateurs plus en retrait. Au final, cette prise de pouvoir hypothéquerait considérablement les bénéfices attendus par la libération de l’entreprise : si les initiatives personnelles se trouvent freinées, ce système perd tout son sens.

  • Un risque de mal-être

Tout le monde n’est pas friand des responsabilités. En diluant celles-ci au sein des équipes, on prend également le risque d’exposer des collaborateurs au stress qu’elles impliquent. Percevant l’autonomie comme un nouveau poids sur leurs épaules, certains salariés peuvent très mal vivre ce nouveau mode de fonctionnement.

  • Une charge de travail accrue à salaire équivalent

L’intelligence collective sous-entend des concertations régulières. Or, si les réunions se multiplient, la charge de travail ; quant à elle ; ne diminue pas pour autant. Attention donc à ne pas s’exposer au surmenage en voulant s’investir dans la définition des orientations stratégiques, tout en continuant à produire de manière égale… pour un salaire quasi identique.

Prêt à libérer votre entreprise ? Soyez pragmatique

Vouloir à tout prix appliquer l’ensemble des préceptes de l’entreprise libérée : voilà qui serait une erreur. En effet, une telle transition doit se réfléchir en fonction de vos réalités, telles que votre secteur d’activité, la taille de votre effectif, la culture de votre entreprise, et bien entendu vos objectifs. Peut-être que toutes les composantes de ce système ne seront pas 100% compatibles avec votre organisation. Dans ce cas, il sera bien entendu nécessaire d’adapter certaines mesures.

En outre, basculer vers l’entreprise libérée doit être anticipé, programmé et expliqué. Il est primordial d’impliquer vos collaborateurs dans cette mutation pour qu’ils puissent en percevoir le sens et les bénéfices qui pourront en découler. En faisant preuve de pédagogie, en ne précipitant pas la transition, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour réussir.

Une autre manière de réussir votre libération d’entreprise…

…est de vous faire accompagner par un coach dédié tel que ceux de Résilience. Contactez-nous.

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