Mieux comprendre le burn-out

Lors d’un précédent article, Résilience avait abordé le sujet de la détresse psychologique dans le monde du travail. Nous avions notamment mis en lumière les effets de la crise sanitaire sur la santé mentale des salariés, ainsi que les conséquences qui en découlaient pour l’entreprise.

Aujourd’hui, nous poursuivons notre cheminement dans la thématique du bien-être en milieu professionnel. C’est dans ce contexte que nous allons en effet nous pencher sur le phénomène du burn-out qui touche toujours plus de managers en cette période de pandémie.

De fait, une enquête réalisée récemment par le réseau Linkedin a mis en évidence un chiffre des plus éloquents : les cas de burn-out de managers auraient augmenté de 78% entre le 1er et le 4ème trimestre 2020. Une hausse qui mérite l’attention de l’ensemble des acteurs du monde entrepreneurial.

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le terme « burn-out » date du milieu des années 70. On en doit la paternité à Herbert Freudenberger. Ce psychologue au rythme de travail effréné finit par constater qu’il souffre d’une fatigue chronique associée à une irritabilité marquée. Il remarque rapidement que bon nombre de personnes du milieu médical, soumises aux mêmes conditions de travail que lui, présentent des symptômes similaires. Il décide dès lors de se pencher sur l’étude de ce phénomène qu’il baptise donc « Burn-Out ». Ayant dépassé les frontières des métiers de l’aide et du soin, ce terme est désormais volontiers employé pour désigner les syndromes d’épuisement professionnel, toutes activités confondues.

La Haute Autorité de Santé, le décrit ainsi comme un état d’« épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ».

L’OMS a quant à elle intégré le burn-out à sa classification internationale des maladies, en tant que facteur influençant l’état de santé.

Attention toutefois : le burnout qualifie généralement les effets du surmenage professionnel. Employer ce terme pour décrire un épuisement d’origine extra-professionnelle n’est donc pas adapté. un homme qui se tient la tête, touché par le surmenage et le burn-out

Burn-out : plusieurs causes…

Le burn out est un état qui s’installe progressivement, le plus souvent dans une situation de stress chronique. Dans le domaine professionnel, il est d’autant plus pernicieux qu’il peut parfois se développer dans un contexte où la personne concernée est persuadée d’aller bien. Se sur-investissant dans son travail, le salarié pense même s’épanouir dans cette effervescence empreinte d’un stress constant. Petit à petit l’activité professionnelle empiète sur la vie sociale et privée, et la personne se coupe progressivement de ses loisirs et relations. Elle entre insidieusement dans un état d’épuisement moral, émotionnel et même physique.

Soulignons que d’autres facteurs portent en eux les germes du burn-out. On pensera notamment au surmenage lié à une soudaine surcharge d’activité, à la perte de sens dans son activité quotidienne, aux réorganisations managériales incomprises ou inadaptées, à une mauvaise ambiance de travail, au manque de reconnaissance…

Quels sont les symptômes du burn-out ?

Parce que certains de ses effets sont souvent très proches de ceux de la dépression, il n’est pas toujours évident de poser un diagnostic de burn-out. Cela étant, il convient de se montrer vigilant dès lors qu’apparaissent certains signes caractéristiques, régulièrement observés chez les personnes atteintes d’épuisement professionnel.

Ainsi, si l’on se réfère à la définition de l’OMS, le burn-out est reconnaissable :

  • Lorsque que l’on ressent un sentiment de fatigue intense, un réel épuisement ;
  • Lorsque l’on nourrit des sentiments négatifs ou cyniques induits par son travail ;
  • Lorsque l’on voit son efficacité professionnelle se réduire.

Concrètement, le salarié concerné pourra également éprouver :

  • Des troubles du sommeil : insomnie, réveils nocturnes, difficultés pour s’endormir ;
  • De l’angoisse, de l’anxiété, ressentie dès que l’on pense à son travail ;
  • Une réelle perte de motivation, un manque d’envie, des difficultés à se lever le matin pour se rendre à son travail ;
  • Une irritabilité exacerbée, des troubles de l’humeur : manque de patience, mauvaise humeur inexplicable, conflits récurrents, etc…

Cette liste n’est pas exhaustive. Au-delà de ces conséquences psychologiques, d’aucuns ressentent par ailleurs des désagréments physiques : migraines, maux de têtes, douleurs dorsales, etc.

des personnes qui méditent pour lutter contre le stress

Que faire lorsque l’on est touché par le burn-out ?

Un de vos proches semble en proie à l’épuisement professionnel ?

Vous vous reconnaissez dans certains des symptômes évoqués ci-dessus ?

Si tel est le cas, n’attendez pas pour réagir !  La première étape est bien entendu de consulter son médecin généraliste ou le médecin du travail. Ces professionnels de santé seront en mesure d’évaluer la situation et de prescrire l’arrêt de travail nécessaire à un repos indispensable. Peu importe la durée de celui-ci : il est essentiel que le patient puisse commencer à se reconstruire loin de la source de son mal-être. Cette « pause » est donc primordiale.

Selon les cas de figure et la gravité des symptômes, il peut s’avérer judicieux d’amorcer une psychothérapie. Celle-ci peut être assurée par un psychologue du travail.

Concomitamment à ces mesures, il est également judicieux de prendre du recul et de se poser les bonnes questions : qu’est-ce qui me stresse autant dans mon activité ? Suis-je épanoui dans mon travail ? Que puis-je mettre en œuvre pour remédier à cette situation ? etc… Cette introspection a pour but d’éviter de reproduire les mêmes schémas une fois remis sur pied.

Quelques conseils pour se prémunir du burn-out

Nous ne pouvions conclure cet article sans vous communiquer quelques bonnes pratiques qui peuvent vous aider à lutter contre les risques d’épuisement professionnel :

  • Instaurez des limites dans votre travail : essayez de vous fixer des horaires raisonnables, accordez-vous le droit à la déconnexion les soirs et les week-end, prenez des vacances, aménagez-vous des temps de pause dans la journée, déléguez vos tâches si vous êtes débordé, etc.
  • Ne négligez pas votre vie sociale et votre vie privée : le temps passé avec vos proches et le temps consacré à vos activités extra-professionnelles sont indispensables pour recharger vos batteries.
  • Pratiquez la méditation, la relaxation, la sophrologie : ces techniques permettent de lutter contre le stress et l’anxiété.
  • Ayez une activité physique régulière : on ne le dira jamais assez, mais le sport est un fantastique moyen de contrecarrer les effets du stress.

Faire appel à notre organisme peut aussi vous donner des clés pour vous prémunir au mieux du burn-out. En effet, chez Résilience, nous sommes rompus à l’accompagnement et à la formation des managers. Nous avons à cœur de leur permettre d’adopter des méthodes de travail qui leur permettent de se protéger, ainsi que leurs équipes, des effets dévastateurs du surmenage. Nous proposons également des séances de neuro-training qui peuvent vous aider à surmonter le stress de votre quotidien.

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